Rencontre avec Nicole Albert autour de trois publications début XXè s.


21 Oct 2020 18:30
Librairie Violette and Co
102 rue de Charonne - Paris
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Nicole G. Albert a écrit la présentation des trois ouvrages dont elle viendra parler :

- aux éditions Gay Kitsch Camp le n° spécial de la revue Le rire intitulé "Dames seules" (1932), textes de Maryse Choisy et dessins de Marcel Vertès. La clandestinité domestique et l’aspect anecdotique qui caractérisaient les dessins intimistes de Marcel Vertès font place chez Maryse Choisy, dans une optique plus journalistique, peut-être plus commerciale, à la volonté de nous ouvrir les dédales des lieux de rencontre lesbiens, night-clubs et bars spéciaux accompagnés de tout leur décorum. Mais s’ils travaillent chacun dans leur propre direction, le dessinateur et la journaliste gagnent mutuellement à être ainsi confrontés.

- aux éditions Gay Kitsch Camp Les tendres épigrammes de Cydno la lesbienne traduites par Ibykos de Rhodes (1911). Si Sappho peut fournir un fil conducteur à la lecture des Tendres Épigrammes de Cydno, c’est aussi à la lumière des Chansons de Bilitis qu’il faut aborder cet aimable pastiche traversé ici et là d’images et de tournures que l’on aurait pu trouver dans la bouche de la lyricine imaginée par Pierre Louÿs. Les Tendres Épigrammes de Cydno la Lesbienne se présentent comme un hommage rendu à deux icônes de l’homosexualité féminine : Sappho et Bilitis.

- aux éditions ErosOnyx Sont-elles des femmes ? Roman sur le troisième sexe, de Aimée Duc, traduit par Thierry Hoquet. Paru en Allemagne en 1901, ce livre est ici traduit pour la première fois en français. Ce roman pionnier est à la fois un essai militant et une fiction de littérature légère. L’objectif des lesbiennes, féministes et intellectuelles, qui en sont les personnages était de faire reconnaître leur « altérité ». N’étant ni comme les hommes ni comme toutes les autres femmes qu’elles voyaient autour d’elles, que leur restait-il sinon la conviction d’appartenir à un troisième sexe ?

Chercheuse indépendante, docteur ès lettres en littérature comparée, Nicole G. Albert a publié sa thèse sous le titre Saphisme et Décadence dans Paris fin-de-siècle (La Martinière, 2005). Elle a signé de nombreux articles sur la littérature fin-de-siècle avec un éclairage particulier sur les femmes de lettres et a dirigé deux ouvrages collectifs sur la poétesse Renée Vivien : Renée Vivien à rebours, études pour un centenaire (Orizons, 2009) puis Renée Vivien, une femme de lettres entre deux siècles : 1877-1909 (Champion, 2012). Elle s’intéresse également aux questions de genre, qui ont donné lieu à deux numéros spéciaux qu’elle a coordonnés pour la revue Diogène (“Mythes et genre”, n° 208, octobre 2004 et “Nouvelles perspectives dans les Gender Studies”, n° 225, janvier 2009). C’est dans cette même optique qu’elle a conçu sa biographie consacrée à la comtesse de Castiglione : La Castiglione. Vies et Métamorphoses (Perrin, 2011).

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